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:: Katmandu, capitale Népalaise

Capitale du royaume Népalais, cette cité, grouillante perchée à 1500 mètres, est habitée par plus d'un million d'âmes, essentiellement Hindouistes et Bouddhistes.

Dans les rues, l'habitant se mélange à toutes sortes de badauds, allant des touristes se préparant à partir en "trek" dans les magnifiques montagnes avoisinantes, aux hippies résidents là depuis les années septante et définitivement "scotchés" ici. Des "shops" vendent toute l'électronique de consommation courante, les appareils de photos numériques et autres lecteurs MP3 s'alignent par centaines à des prix imbattables.

Nombres de restaurants se sont ouverts dans les rues du quartier touristique de Thamel, promettant une cuisine internationale, Française, Italienne, Chinoise ou Indienne, avec quelquefois un certain succès. Les rickshaws vous hèlent continuellement dans la rue afin d'offrir leurs services, et nous avons pris un malin plaisir à nous laisser nous promener dans les rues bondées, zigzagant entre piétons et véhicules en tous genres.

Katmandu, c'est aussi une ville tolérante où toutes les religions sont représentées. L'Islam, le Christianisme, le Bouddhisme et l'Hindouisme y sont omniprésents. Avec un minimum de respect pour les religions pratiquées, le visiteur y est toujours très bien accueilli.

:: Les temples

Le Népal possède un nombre incroyable de temples à visiter, qu'ils soient Hindouistes ou Bouddhistes. Les plus connus sont

Bodnath : la plus grande stupa bouddhiste lamaïste du Népal. C'est ici que se retrouvent en nombre les Tibétains exilés habitant aujourd'hui le Népal ou l'Inde.

Pashupatinath : Centre Hindouiste sacré du pays. Ce temple dédié à Shiva est un lieu de pèlerinage fort fréquenté. A ses pied coule la rivière Bagmati qui accueil sur ses rives les cérémonies de crémations.

On peut voir sur la colline le grand temple aux trois toits dorés qui fut bâti en 1696. Il est normalement réservé aux hindous.

Swayaambu: Ce temple se distingue par son énorme stupa surmonté par une flèche ronde à base carrée. Le stupa est à l'origine un monument funéraire bouddhique.
 
Sur l'éblouissant dôme hémisphérique blanc repose le regard de Bouddha qui invite la Création, représentée par les quatre directions ou les quatre éléments, à trouver le Chemin du Juste Milieu. A la base de l'édifice sont disposés des moulins à prières que les fidèles font tourner. Et  par ce geste, ils font tourner la Roue de la Vie, qui représente le cycle de la vie et de la mort.

Chaque être vivant, ici et maintenant, lors de son cycle de réincarnation, a la possibilité de s'améliorer pour quitter SamSara, monde d'illusion, afin de rejoindre le Nirvana.

:: Notre voyage au Tibet

Ces quelques pages relatent notre voyage au Tibet, courant avril 1999.

Partis de Katmandu, nous avons rejoint Lhassa en bus, soit près de 900 kilomètres parcourus en 5 jours, sur une route plutôt approximative.

Le Tibet est un pays encore peu connu des grands axes touristiques et on le situe parfois avec peine sur le Globe. Mais vous avez certainement lu "Tintin au Tibet", non ?
Les structures d'accueilles, quasi inexistantes en dehors de Lhassa et les diverses tracasseries administratives repoussent ceux et celles pour qui le mot "vacances" signifie repos et détente. Ces quelques désagréments se révèleront insignifiants par rapport à la richesse intérieure reçue par ce voyage, tant par les paysages magnifiques traversés que par les personnages haut en couleurs rencontrés sur le chemin.

Partis de Lausanne avec nos sacs de montagnes et un billet de la Singapour Airlines en poche, nous avons atterri à Katmandu dans l'espoir de rejoindre Lhassa...

:: Nyalamu et Xegar

Ces quelques jours à Katmandu nous ont permis de trouver un bus partant pour Lhassa. Impossible de se rendre au Tibet seul, car les voyages individuels sont interdits par le gouvernement Chinois. On se décide alors d'embarquer pour Nyalamu.

Passé la grisaille de Nylamu et sa frontière truffée de soldats Chinois, nous continuons à monter sur les hauts plateaux du Tibet. Le temps devient radieux et la température augmente. Au soleil, elle approche les 30 degrés Celsius, alors que lorsque l'on se met à l'ombre, la chute est telle que l'on gèle immédiatement. Du fait de la rareté de l'air, il y'a une très grande différence entre les zones d'ombragées et les endroits ensoleillés. La petite route qui serpente entre les montagnes est vraiment impressionnantes, avec un précipice de plus de 3000 mètres qui plonge dans la vallée en contrebas. Le chauffeur, pleins de malices, nous assure de ses compétences, malgré la vétusté de l'autobus.

Nous traversons quelques villages de montagnes où vivent chichement des Tibétains. Nous visitons un petit monastère, tenu par un vieux moine, qui tient d'école aux enfants de la région où ils peuvent apprendre à lire et découvrir les bases du Bouddhisme.

Les murs des maisons sont traditionnellement construits en pierre, et les toits sont faits en fumier de yack. Ce sympathique animal est une aide précieuse pour survivre dans des conditions aussi éprouvantes. Il est utilisé pour transporter des charges, son fumier produit un combustible utilisé pour le chauffage et la cuisine, et le beurre de Yack, mélangé à de l'orge grillée, donne la Tsam-pa, le plat quotidien des tibétains.
Nous passons la nuit dans une chambre chez l'habitant. Le repas est pris avec les propriétaires des lieux, un couple de Tibétains, aidé à la cuisine par une grand-mère qui nous prépare un met végétarien, accompagné du traditionnel thé au beurre salé. Le jour suivant, nous arriverons à Xegar.

:: Direction Xigatsé

La suite de notre périple nous fait traverser d'autres cols, tous plus élevés les uns que les autres dont le plus haut culmine à 5750 m. Nous croisons des marchands qui, profitant de la belle saison, franchissent les montagnes afin de vendre leurs poteries dans les villages éloignés. Cette route n'est ouverte que deux mois par année, les conditions météorologiques la rendant rapidement impraticable dès la fin de l'été.

Le seul véhicule motorisé que nous croisons et un camion chinois transportant du minerai, et nous arrivons le soir, fourbu, à Xigatse, où nous passerons la nuit dans un hôtel Chinois. Après quelques palabres avec le personnel, fort peu avenant, notre guide nous annonce qu'il nous sera possible de prendre une douche chaude.

Ça, c'est le grand luxe !

:: Xigatsé et Yangtsé

Xigatsé est la première grande ville que nous rencontrons sur notre route. Avec certains immeubles carrés sans aucune recherche esthétique et des statues élevées à la gloire des travailleurs, on a l'impression de se retrouver dans un pays de l'ancienne Union Soviétique. Plus du 70 % de la population est Chinoise, et pas forcément très amicale envers les touristes.

La visite du temple de Tashilumpo Temple, fondé en 1447, est aussi des plus impressionnante. Peu endommagé par les communistes Chinois, ce temple était aussi la résidence du Penchen-Lama.

Depuis l'invasion du Tibet par la Chine en 1959, une forme d'épuration ethnique est pratiquée par les autorités. Des Chinois pauvres habitants des régions reculées de leur pays se sont vu offrir un travail bien rémunéré afin de venir habiter le Tibet.

Chinois et Tibétains vivent dans des quartiers séparés, pas par obligation, mais le niveau de vie de ces derniers ne leurs permettant pas forcément d'habiter les bâtisses "modernes" en béton.

Il faut aussi dire que la majorité des voyageurs occidentaux préfèrent se rendre dans les quartiers Tibétains, beaucoup plus souriants, et ont tendance à "boycotter" la partie "trop Chinoise" de la ville.

Il est, de plus, très difficile de communiquer avec les indigènes. Personne ne pratique les langues occidentales, et prendre un taxi ou un pousse-pousse devient une vraie aventure. De même, impossible de lire les cartes de menus dans les restaurants ou même de se faire servir.

Définitivement, dans les quartiers Chinois, le touriste n'est pas le bienvenu.

Repartant tôt le matin pour terminer notre dernier jour sur la route, nous franchissons encore deux cols, le KARO LA (5010 M.) et le KAMBA LA (4794 M.). Nous arrivons au YAMDROK TSO, ou Lac Turquoise , qui s'étend sur des dizaines de kilomètres entre les montagnes.

Ce lac sacré recevait chaque année la visite du Dalaï-lama, qui s'y rendait pour de longues méditations. Dans son eau si clair, il y voyait les esquisses d'un futur jamais figé, qui lui permettait de rentrer le cœur serein au Potala, assuré d'avoir pris les justes décisions pour son pays et ses habitants.

:: Notre but !

Nous arrivons enfin à Lhassa ! L'entrée de la ville est plutôt moderne, pas forcément très jolie. Les commerces en tous genres pullulent, allant du coiffeur à la discothèque, en passant par des bars diffusant de la musique chinoise.

Sur la gauche, le majestueux Potala. Après avoir été endommagé par les Chinois à maintes reprises, il est aujourd'hui restauré. Qui sait un jour, les touristes voudront peut être venir en masse au Tibet et il faudra bien leur donner de quoi dépenser quelques devises !

Business as usual..

La capitale du Tibet accueil plus de 110 000 habitants, dont plus de la moitié sont aujourd'hui Chinois. Située à 3900 mètres, Lhassa jouit d'un climat chaud en été et très froid en hiver.

A ses pieds coule le fleuve Yarlung Tsang Po qui prend naissance dans les hautes montagnes de l'Himalaya, et coule jusqu'en Inde, deux mille kilomètres plus bas, où il est connu sous le nom de Brahmaputra.

:: Le Potala

Le palace du Potala, imposante bâtisse comprenant plus de 1000 chambres, a été érigé sur la Colline Rouge en dessus de Lhassa sur plusieurs siècles. Commencé par le roi Songtsen Gampo in 637, il a été terminé par le 5 ième Dalaï-lamas en ... 1697.

Les parties rouges étaient réservées aux affaires religieuses, alors que dans les parties blanches étaient traitées les affaires courantes du pays.

Ce gigantesque monument symbolise le passé, le présent et le futur du Tibet, tant pour la population indigène que pour les millions de Tibétains expatriés à travers le monde.

Il se visite aujourd'hui de manière assez confidentielle. Les prix à payés à l'entrée sont dissuasifs, sans compter qu'il faut encore débourser pour prendre chaque photos. Quand au tarif pour filmer avec une caméra, ils sont simplement délirants (En 1999, on comptait plusieurs centaines de dollars).

Le système de surveillance vidéo connecté à la salle de garde où se tiennent des gardes chinois ferait sourire, si on oubliait que les Tibétains eux-mêmes ne peuvent accéder à ce monument. Eux qui ne désirent qu'une chose, le retour du Dalaï-lama dans ses murs...

:: Le Barkhor

Cœur spirituel de Lhassa et centre commercial de la vieille ville, le Barkhor est un dédale de rues entourant le temple de Jokhang, où les pèlerins viennent déambuler, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre, autour de ce lieu infiniment sacré.

Devant l'entrée du Jokhang, de nombreux Tibétains se prosternent de tout leur long à même le sol, les pieds attachés, certains faisant tourner leurs moulins à prières, en récitant des mantras.

Fermé plusieurs fois aux Tibétains, la volonté de ces derniers a toujours eu raison du gouvernement, qui ne peut que le laisser ouvert.

Nous avons assisté à l'office du soir, où plus de 200 moines priaient et chantaient, récitant des mantras, dont le célèbre OM MANE PADME OM. Ce fut un réel plaisir de voir que la vie religieuse, au Jokhang, était vraiment active.

:: La Nonnerie

Près du Barkhor se trouve une nonnerie, où les religieuses se livrent aux mêmes pratiques que leurs coreligionnaires.

La visite se fit avec la mère supérieure, qui réside dans ce couvent depuis plus de septante ans (On a pas eu l'indélicatesse de lui demander son âge, mais croyez-moi, elle avait vraiment l'air très vieille), et elle se termina pas une sempiternelle tasse de thé au beurre de yack rance. Personne n'avait vraiment soif à ce moment là...

Outre les activités religieuses traditionnelles, comme l'impression de textes sacrés, la prière et la méditation, les nonnes pratiquent la couture, fabriquant notamment des robes pour les moines du monastère voisin, le Jokhang.

:: Drepung

Ce monastère, situé à 8 kilomètres de Lhassa, eu été un des plus grands et des plus actifs jusqu'à l'invasion Chinoise de 1959, comptant jusqu'à plus de 10 000 moines.

Fondé par le disciple de Tsongkhapa, Jamyan Tashi Palden en 1416, il était un centre important des Gelupa, et la résidence du IIIe, IVe et Ve Dalaï-lama avant la fin de la construction du Potala.

En 1959, la plupart des 6000 moines qui occupaient les lieux quittèrent le pays avec le Dalaï-lamas pour l'Inde lors de l'invasion des Communistes chinois. Aujourd'hui, il en reste encore quelques milliers, mais il est difficile de savoir combien. Les tracasseries du gouvernement forcent la discrétion.

Depuis fort longtemps, les textes sacrés Tibétains sont imprimés dans les monastères, bien avant un certain Johannes Gensfleisch, dit Gutenberg, qui fut le premier, à Mayence, entre 1448 et 1454 à avoir mécanisé le principe d'impression.

Les moines gravaient donc leurs textes et leurs dessins sur des plaquettes en bois en motifs inversés, et les enduisaient d'une encre à base d'herbes afin d'imprimer des centaines, des milliers de fois, leurs textes sacrés. Cette technique, appelée Xylographie, est la plus ancienne manière de graver. Elle existait en Extrême-Orient avant notre ère.

La planche imprimante est gravée dans un pavé de bois dur se prêtant à l'incision, à l'aide d'une gouge ou d'un burin.

Les parties creusées seront les parties blanches du dessin, les parties en relief correspondant au dessin imprimé.

La planche, une fois encrée avec un rouleau, sera pressée sur le papier pour y transférer son empreinte.

On peut même imprimer successivement plusieurs planches de couleurs différentes sur la même épreuve pour obtenir des estampes polychromes.

J'ai quelques clichés pris au monastères de Drepung qui illustrent cette façon de procéder

:: Le Norbulingka, ou Parc des Joyaux...

servait de demeure d'été au Dalaï-lamas.

Dès les premières fontes des neiges, le Dalaï-lama emménageait pour quelque mois au Norbulingka, suivi d'une imposante procession.

C'est aussi au Norbulingka que se trouvait le XIVe Dalaï-lama, quand le 17 mars 1959, déjouant un complot des Communistes chinois destiné à l'enlever, il s'enfuit de son pays pour s'établir en Inde, à Dharamsala, qui est toujours sa résidence actuelle.

Nous pûmes visiter sa demeure, qui est restée telle que le jour où il l'a quittée. L'intérieur comporte des fresques racontant l'histoire du pays et la construction des différents monastères à travers le Tibet.

On y trouve aussi des cadeaux offerts par les ministres étrangers à sa Sainteté, notamment des imposants récepteurs à tubes pour recevoir les ondes courtes ainsi que des montres. Le Dalaï-lama aimait suivre les événements politiques dans le monde entier.

:: Le retour

Le trajet du retour s'effectua en un peu plus d'une heure, dans un Airbus des China Airlines. (C'est avec un certain soulagement que j'ai appris par la suite que c'était probablement la compagnie la plus dangereuse sur la planète ;>).

L'excitation était telle (la nôtre y comprise), que les passagers couraient d'un hublot à l'autre, tantôt tout le monde à droite, puis à gauche, en essayant de suivre les commentaires donnés par le commandant de bord, qui inclinait son appareil de tous les côtés, pour mieux nous faire profiter du panorama extraordinaire qui passait sous nos yeux. Bien que volant à haute altitude, la taille de la chaîne Himalayenne est telle que nous avions l'impression de la survoler en rase-mottes.

C'est le cœur lourd que nous avons atterri à Katmandu.

Tibet

Gardien du temple

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Drapeaux de prières

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Le Potala

 

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